COMPTE RENDU DU SYNODE ER
Région Parisienne réuni à Dourdan
Du 23 au 25 novembre 2007
Le synode de l’Eglise Réformée est un organe de pensée et de gouvernance de nos communautés. Cette année, il avait pour but de travailler sur l’évangélisation et par là même d’évoquer le monde qui change et vers qui s’enracinera cette parole libératrice. Cela étant, le monde en a-t-il besoin ?
Dans un premier temps, une réflexion de JC Tenreiro, Président de notre conseil, nous entraîne dans une expérimentation de la Parole : « Dieu n’a pas d’autres paroles que les nôtres » : parole forte et tellement responsabilisante, frères réformés, presque … inquiétante. C’est l’expérimentation de la Présence-Absence du Tout Autre, il s’agit par là, d’accepter les moments non favorables, et pourtant de recevoir un évangile toujours transmis, non réalisé selon le monde de la performance mais qui se réalise par le secours du Saint-Esprit. Il est pudique et discret, il illumine sans aveugler, il nous entraîne dans la découverte de la joie, puis de la joie partagée et transmise. Oui ? il faut renoncer à notre prétention de pouvoir transmettre la foi, mais plutôt être des témoins d’une foi qui nous vient d’ailleurs.
F. Vouga, théologien suisse allemand, évoque la transformation du rapport à soi-même par la reconnaissance de soi par Dieu : c’est un « acte créateur de Dieu » (Paul), indépendamment de ce que nous sommes. Il fait aussi une claire distinction entre Dieu, les idoles où il convient de ne pas se tromper de Dieu et de débusquer les idoles de notre Société. Il s’agit aussi du dialogue intérieur, comme résonance de la pertinence de la Bonne Nouvelle qui en ce lieu de conscience diffère l’intériorité de ce que les gens disent de moi.
Dans nos groupes de réflexion respectifs, ce qui est ressorti, c’est de continuer à se laisser évangéliser.
Très concrètement, le Président du Conseil National ERF appuie l’idée de la construction d’une église réformée et luthérienne unie à l’horizon 2013 mais qui reste à définir pour former un des visages de l’Eglise unie de Jésus-Christ.
Quelques mots sur notre groupe d’évangile et de prière d’où ressort cette notion capitale pour notre Eglise : l’écoute pour devenir ouvrier et reconnaître la Présence. La prière nous libère, elle est un recul, une ouverture et une découverte de nouveaux horizons, enfin un dialogue. Le groupe pose la question : « quelle est sa place dans nos vies, nos églises » ? Alors, pour respirer vraiment, n’hésitons pas à nous mettre devant Dieu.
Le rapport financier fait part d’une croissance des recettes mais une évolution défavorable du nombre de foyers cotisants, ce qui amène à continuer l’augmentation des cibles de 2,5 % pour 2008 afin de se donner les moyens humains d’annoncer l’Evangile.
M. Maffesoli, sociologue, reprend l’idée de Max Weber : « On ne peut comprendre le réel qu’à partir de l’irréel ». Par l’épistémè : connaissance que l’on a de soi, elle peut laisser la place à d’autres épistémès, c’est assister à la fin d’un monde qui n’est pas la fin du monde et voir ce qui va émerger à partir de cette composition. Dans cette société, c’est l’invention de l’individu et non plus du groupe, la rationalisation de l’existence d’où un désenchantement du monde où tout va devoir donner ses raisons. Le présentéisme apparaît être une caractéristique de notre société par la jouissance ce jour, ici et maintenant.
Pour F. Vouga, notre monde est en quête de sens, de bonheur, l’évangile s’adresserait donc à tous, notion considérée comme notre vision selon M. Maffesoli, qui n’est pas donc nécessairement le réel.
Et notre Eglise ? Notre monde fait de la religion, mais c’est nous qui pensons que le monde a besoin d’évangile. Certes ! et si c’était vrai depuis la Résurrection. Pour cela, nous devons tenir compte des changements de notre société. Mais alors que fait-on de l’émotion ? Elle est un vecteur de la communication aujourd’hui, mais le présentéisme enferme l’émotion dans l’instant, d’où la nécessité d’accompagner l’autre dans la durée, pour se laisser construire par le Tout Autre en étant gagné par l’évangile.
Par là, il s’agit d’écouter ce monde qui change, d’écouter ce Dieu qui nous parle dans le silence, de le mettre en relation à l’Evangile qui libère, et assurément des fleuves d’eau vive couleront, telle est notre foi. Fraternellement ;
Ghislain Dalla Barba